[Total : 2    Moyenne : 3.5/5]

Avec ses incroyables vertus et bienfaits, le baobab est de plus en plus apprécié dans le monde entier. Toutes les parties de cet arbre sont consommées, dont la fameuse poudre de pulpe de fruit du baobab bio.

Vertus de la poudre de baobab

Consommé depuis des décennies en Afrique, la poudre de fruit du baobab a séduit l’Europe. Cosmétique ou alimentaire, son avenir s’annonce radieux.
Mastodonte de brun habillé et de vert couronné. Ile de verdure des étendues africaines arides. Le baobab, cet arbuste qui devient un géant encombrant, comme dirait le Petit Prince, ancre depuis des siècles ses racines dans les terres de l’Afrique subsaharienne. Et, si dans l’histoire de Saint-Exupéry, ce gargantuesque boisé menaçait les petites planètes, il en est autrement dans la réalité.
La preuve, en Afrique, le baobab s’apprête, selon toute vraisemblance, à améliorer le quotidien d’une grande quantité d’habitants. Car, le fruit de l’adansonia digitata, aussi surnommé pain de singe, se profile comme un nouveau «superfruit».
D’ailleurs, depuis peu, le marché européen tend les bras à cette créature oviforme au goût sucré et acidulé, produit par centaines par chaque arbre (le mot baobab ne vient-il pas de l’arabe bu hibab, qui signifie «fruit à nombreuses graines»?), apprécié aussi bien des primates que des humains.
Ainsi, le 27 juin, la Commission européenne a autorisé la mise sur le marché de la pulpe déshydratée de fruit du baobàb ou poudre de baobab bio Baomix, en tant que nouvel ingrédient alimentaire. L’aboutissement d’un travail de longue haleine pour PhytoTrade Africa, l’organisation à but non lucratif qui a lancé en 2006 le processus visant cette autorisation, avec le déboursement d’environ 220 000 euros en recherche biomédicale.

Le Baobab africain

Le Baobab africain

Selon l’ONG, la décision de la Commission européenne ouvre la voie à une source de revenus inédite pour les pays africains où pousse «l’arbre de vie» (certains spécimens de baobabs pouvant atteindre des milliers d’années). Cité par le journal Le Monde, Cyril Lombard, de PhytoTrade Africa, souligne que cette commercialisation d’ici cinq à dix ans pourrait créer une industrie, des emplois, soutenir l’économie, et améliorer dans ces pays le quotidien de près de 10 000 personnes. En barres de céréales, en yogourts ou travaillée en smoothies, la poudre extraite de la pulpe de ce fruit séduira-telle les papilles gustatives européennes? Elle possède tous les atouts pour ça, puisque, selon le professeur Kurt Hostettmann, directeur du Laboratoire de pharmacognosie et phytochimie à l’Université de Genève, «la poudre conserve toutes les vertus du fruit». Et le pain de singe, avec sa pulpe protégée par une coque épaisse, est doté de vertus nombreuses.
Sa teneur en calcium est deux fois plus haute que celle du lait. Il contient un grand nombre de vitamines B1 et E tandis que sa pulpe est une source très importante de vitamine C. Même si, comme le précise Kurt Hostettmann, «les fruits de l’argousier de chez nous en contiennent nettement plus.»

Outre l’aspect énergétique, le fruit peut aussi être utilisé pour ses vertus en médecine.

«Il contient une présence démontrée de substances antibactériennes, on s’en sert en médecine traditionnelle africaine pour lutter contre les diarrhées et dans certaines régions comme désinfectant.» Ainsi, le baobab, Le baobab, c’est aussi un arbre-symbole, comme une présence, un signe de permanence amicale dans les rayons des supermarchés, succédera peut-être au baobab dans les crèmes et les produits de douche. Car, dans le domaine de la cosmétique, la poudre de fruit du baobab bio est déjà apprécié, notamment pour les bienfaits de son huile (tirée des graines) qui contient beaucoup d’antioxydants.
L’année dernière, Body Shop l’avait intégrée à des fonds de teint de sa collection automne.
Et, il y a trois ans, l’entreprise suisse JUST, qui propose des produits d’hygiène corporelle et des cosmétiques à base de plantes, avait déjà pensé au baobab dans le cadre d’une ligne de soins pour bébés.
Si la ligne n’est plus disponible aujourd’hui, la «marque suisse de tradition qui a de l’avenir» (comme elle se présente sur son site internet), spécialiste de la vente au porte-à-porte dans les villes et villages de Suisse, ne renonce pas pour autant à l’utilisation d de la poudre de baobab bio, puisqu’elle teste actuellement une protection solaire à base d’huile de cet arbre.

Un produit en développement, destiné à être mis sur le marché l’année prochaine. Après avoir séduit jusqu’aux plus petites industries de cosmétiques, parions que le fruit du baobab s’apprête désormais à une brillante carrière dans l’alimentaire. D’ailleurs, le responsable de la succursale italienne de la Baobab Fruit Company (une société sénégalaise produisant notamment de la pulpe de fruit de baobab séchée), Pascal Ottaviani, affirme même être en discussion avec des sociétés agroalimentaires suisses.
Voilà pour le côté quantifiable des choses.

Reste que le baobab, c’est aussi, ou surtout, un arbre-symbole, comme une présence, un signe de permanence amicale que l’Occident se met à adopter pour des vertus nettement moins rationnelles.
Alors, demain, le baobab connaîtra-t-il la vogue qui aura été celle de l’olivier et de ses produits, il y a une demi-douzaine d’années ? Demain, tous adeptes de ce Goliath des savanes, géant sacré, lieu de vie des esprits des chefs tribaux en Afrique du Sud, arbre à palabre, emblème national au Sénégal, colosse ventru au goût d’exotisme et de voyage pour les Européens, tous toqués de ces trois syllabes ba-o-bab qui situent ce végétal quelque part entre Babar et l’aventure ? Sans doute. Seul hic pour les puristes ou les futurs fans, il est quasiment impossible de faire pousser ses propres fruits de baobab, puisqu’entretenir l’arbre est déjà une tâche difficile, comme ont pu l’expérimenter les personnes, toujours plus nombreuses, qui s’essaient à planter ces graines de géant.
«On vend des graines et des petites pousses de baobab, mais les ventes sont extrêmement faibles, car un baobab que l’on fait pousser comme plante d’appartement est destiné à rester chétif et il ne ressemblera jamais à la plante d’origine. Puis, sous nos latitudes, il ne peut pas pousser à l’extérieur», remarque François Schilliger, responsable des végétaux pour les magasins Schilliger. Valérie, qui a ramené trois petits baobabs de son dernier voyage au Sénégal le note, «maintenant, ils ont quelques feuilles, mais elles ont mis beaucoup, beaucoup de temps à pousser.»
Après tout, en Afrique, on n’imagine pas faire pousser des mini-sapins d’appartement.

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*